Jean-Paul Vinay, Jean  Darbelnet

Stylistique comparée de l’anglais et du français, Paris, Didier, 1966, pp. 46-55.

 

Procédés techniques de la traduction

  1. Emprunt
  2. Calque
  3. Traduction littérale
  4. Transposition
  5. Modulation
  6. Equivalence
  7. Adaptation

 

1. Emprunt

Italien : lexique de l’informatique (hard disk, computer, mouse )

Français : lexique de la musique (adagio, allegro, bel canto, balustre, balustrade, loggia) 

 

2. Calque

Le calque est un emprunt d’un genre particulier : on emprunte à la langue étrangère le syntagme, mais on traduit littéralement les éléments qui le composent.

chiaroscuro

clair-obscur

voltafaccia

volte-face

bassorilievo

bas-relief

 

3. Traduction littérale

 

Traduction mot à mot

Perché non si mettono in funzione i meccanismi previsti e necessari per far funzionare la legge sugli alcolici?

Pourquoi on ne met pas en marche les mécanismes prévus et nécessaires pour faire fonctionner la loi sur les boissons alcooliques ? 

 

4. Transposition

Une partie du discours est remplacée par une autre sans changer le sens du message.

Dès son lever — Da quando si è alzato

Loucher (Être atteint de strabisme) — essere strabica

Matelda Micheli, L’ora buiaL’heure des ténèbres (Trad. it. a cura di Solange de Bressieux)

Dario Fo, Non si paga! Non si paga!Faut pas payer ! 

 

5. Modulation

Variation dans le message obtenu en changeant de point de vue, d’éclairage.

Un modo di andare sul sicuro c’è.

C’est qu’il y a une façon de ne pas prendre de risques/ de n’avoir rien à craindre/d’avancer en terrain sûr.

La fine della lottizzazione è un traguardo auspicabile.

Il faut souhaiter la fin/Il est souhaitable de mettre fin/ au clientélisme politique/aux privilèges abusifs/au marchandage.

 

6. Equivalence

Les moyens stylistiques et structuraux sont différents.

Eduardo de Filippo, Ogni anno punto e da capo Chaque année ça recommence (Trad. it. a cura di Huguette Hatem)

je me heurtai nez à nez avec elle — ci scontrammo faccia a faccia

quel toupet ! — che faccia tosta! che sfrontata!

il veulent me tirer les vers du nez — vogliono farmi sputare il rospo

il me flanquait un savon — mi dava una lavata di capo

il me ferait du genou [toucher du genou qq. pour attirer son attention (souvent sensuellement)] — mi avrebbe fatto gli occhi dolci

 

7. Adaptation

Si dans la LA la situation ne peut pas être parfaitement entendue, alors il est nécessaire de faire recours à l’adaptation.

Raymond Queneau, Esercizi di stile, Torino, Einaudi, 1983. (Trad. it. a cura di U. Eco)

Jrepasse plus tard Cour de Rome et jl’aperçois. (p. 90)

E bastasse! Sarà du’ ore dopo, chi s’arrivede? Lo stronzo, ar Colosseo, che sta a complottà…(p. 91)

Tiens, elle n’est pas mauvaise celle-là. Si j’écrivais : prenons le godelureau par la tresse de son chapeau de feutre mou emmanché d’un long cou, peut-être bien que ce serait original. Peut-être bien que ça me ferait connaître des messieurs de l’Académie française, du Flore et de la rue Sébastien-Bottin. (p. 114)

Buona questa, vedete che anch’io so essere spiritoso anche se non scrivo sul Corriere. Va bene, prendiamo il toro per le corna, o meglio quel tizio per il cappello (ah, ah!), dico quel tipo col collo lungo —  quale tipo? (p. 115)

 

Max Jacob, Cinématoma (1929), Paris, Gallimard, 1994.

Au café j'aurais été bien bête de me priver d'une chartreuse puisque c'est le père de ces demoiselles qui payait. (p. 51) [Liqueur aux herbes fabriquée par les chartreux]

E se nel caffè non avessi accettato un elisir, sarei stato veramente stupido, poiché era il padre di quelle signorine a pagare.